Agression à Auxonne : Qui a croisé Jonathan ?
Le jeune homme agressé à Auxonne, dans la nuit de vendredi à samedi, se trouve toujours dans un état très grave. Les gendarmes ont reconstitué une partie de sa soirée. Mais bien des mystères demeurent. Une marche silencieuse est organisée aujourd'hui.
N ous relations, dans nos éditions de mardi, la découverte, samedi, vers 6 h 30 du matin, au pied d'un escalier, rue de la Paix, au centre-ville d'Auxonne, du corps inanimé d'un jeune homme, baignant dans une mare de sang.
Extrêmement grave
Alors que Jonathan Vantillard, 19 ans, était évacué par les pompiers, dans un état préoccupant, sur l'hôpital général de Dijon, où son état demeurait hier encore extrêmement grave, débutait pour les gendarmes une enquête criminelle.
Car dès les premières minutes de la découverte, il était acquis que le jeune homme n'avait pas été victime d'une chute : il souffrait de multiples contusions et fractures, notamment au niveau du visage, sans que l'on sache si une arme ou un objet contondant avait pu les provoquer.
La soirée de vendredi reconstituée
Autre fait étrange : rien ne lui avait été dérobé. Enfin, pour ajouter au mystère, Jonathan, de santé fragile, était un jeune homme « bien sous tous rapports », sans histoire, entouré d'amis sans problème.
Les investigations mobilisent onze enquêteurs de la brigade d'Auxonne, de la brigade des recherches, et un spécialiste NTEC (nouvelles technologies), pour l'informatique, l'exploitation de logiciels de criminologie et la téléphonie. Le premier travail des gendarmes a bien entendu consisté à reconstituer la soirée de la victime.
Ils savent déjà que vendredi soir, Jonathan s'est rendu chez l'un de ses amis, qui habite à une quinzaine de minutes à pieds de chez sa mère. Il y a retrouvé d'autres copains pour une « soirée entre potes » qui s'est déroulée calmement.
Vers minuit, comme il avait coutume de le faire, il a prévenu sa mère qu'il rentrait chez lui, et il a quitté le domicile de son ami. on ne l'a revu qu'à 6 h 30 du matin, à 100 mètres du domicile de sa mère, situé ruelle du Jura, baignant dans son sang. Est-il rentré directement ? Personne ne l'a vu après son départ de la soirée. A-t-il été agressé rue de la Paix ou l'y a-t-on transporté ? Aucune trace ne vient éclairer les enquêteurs. Pourquoi personne, dans le centre-ville plutôt calme d'Auxonne, n'a-t-il rien entendu s'il y a eu bagarre ?
Sans mobile et sans trace
Aucun témoin, malgré l'appel lancé mardi, ne s'est manifesté. A quelle heure s'est produite l'agression ? La seule indication est qu'il serait resté plus d'une heure allongé au pied de l'escalier. Mais le « trou » dans son emploi du temps reste de plus de 6 heures.
Quelqu'un a croisé le chemin de Jonathan, durant le quart d'heure de son trajet retour, samedi entre minuit et 6 heures du matin. Quelqu'un d'extrêmement violent, qui n'avait pas le vol pour mobile et n'a pas laissé de trace.
Marche silencieuse
Comme depuis le début de la semaine, les auditions et les recherches de témoignages se sont poursuivies tard dans la soirée d'hier, et la nuit était tombée depuis longtemps lorsque les enquêteurs ont organisé leur dernier briefing de la journée.
Les amis, la famille et les proches de Jonathan organisent aujourd'hui une marche silencieuse à Auxonne pour Jonathan. Elle prendra son départ à 16 heures, au carrefour de la Poste.
Gilles DUPONT
« Il a été littéralement massacré ! »
Jonathan a fait toute sa scolarité à l'école de Champvans, dans le Jura, et il est bien connu dans la région de Dole. «Il a été littéralement massacré. Le crâne enfoncé, des organes éclatés, les poumons touchés...», explique, encore sous le choc, son père, Didier, qui vit et travaille à Dole. Les parents de Jonathan, aujourd'hui séparés, ont longtemps habité à Champvans, où il a suivi toute sa scolarité, de la maternelle au CM2. «Un garçon très gentil» se souvient avec émotion son ancienne maîtresse Anne-Marie Lefèvre, aujourd'hui retraitée. Enfant, Jonathan avait eu de gros ennuis de santé, qui avaient entre autre nécessité la greffe d'un rein, don de sa mère. Il portait aussi un appareil auditif. Tout ça ne l'empêchait pas de vivre pleinement sa vie comme les jeunes de son âge, pratiquant entre autre la danse hip-hop au sein de l'atelier danse moderne que sa mère, Florebella Dos Santos, a longtemps animé au sein du foyer rural de Champvans. Jonathan suit les cours de première année BEP de vente au lycée Simone-Weil de Dijon.


